Jeux des îles 2011 : Madagascar joue et… perd
De la première place à la dernière édition des Jeux des îles de l’océan indien, Madagascar termine à la quatrième position aux Jeux des îles des Seychelles 2011. La Grande île est sans conteste la grande perdante à ce 8e rendez-vous des sportifs de la région de l’océan indien. Elle termine derrière l’île de la Réunion, les Seychelles et l’île Maurice et devant les Comores, Mayotte et les Maldives. Tout le monde savait dès la fin de la réunion cruciale du Comité International des Jeux (CIJ que la plus haute marche est inaccessible pour Madagascar. Ses disciplines « fétiches » à l’instar du karaté, tennis, lutte, pétanque… ont été écartées des 8e jeux des îles. N’empêche, cela n’explique pas cette chute libre vécue par toutes les disciplines sportives. Aucune des fédérations sportives en lice n’est sortie agrandie du déplacement aux Seychelles.
Avec seulement 34 médailles contre 58 pour l’île de la Réunion, 57 pour les Seychelles et 37 pour les Mauriciens, Madagascar a vu son hégémonie ébranlée et sa notoriété mis à terre. La dégringolade n’est autre que le reflet de la situation politique, économique et sociale du pays. Et le naufrage des disciplines collectives aux Seychelles, à l’exception du basket-ball féminin, renforce cette image de la Grande île en quête d’une cohésion et d’un esprit d’équipe qui lui font défaut depuis l’instauration de la transition en 2009. Soit deux années du chacun pour soi. Une courte période certes pour d’autres mais largement suffisant pour mettre à genoux une génération de sportifs et dirigeants. A preuve, ils rentrent au pays la tête basse. Leur courage et volonté, les seules armes entre leurs mains au départ pour les Seychelles se sont avérés insuffisants pour combler les lacunes d’une préparation à la va vite et de l’indifférence dans laquelle les sportifs malgaches vivent au quotidien, sauf en période de propagande.
Les « tape à l’œil » de ces derniers jours effectués par l’Etat à travers le ministère des sports et les Ministres coaches ont été mis à nu par ce résultat final indigne d’une île de 20 millions d’habitants, engloutie par trois îles dont la totalité de la population n’atteint même pas le quart de celle de Madagascar. Mais contrairement aux autorités malgaches, les leurs ont compris que la route vers le podium se prépare des années auparavant et non à la dernière minute. Une tâche rendue facile et possible par la stabilité politique et la continuité de l’Etat, malgré les différents changements à la tête de la machine administrative.
Les lampions des 8e Jeux des îles de l’Océan Indien éteints, il est certain que les adversaires des malgaches se mettent déjà au travail pour préparer l’édition 2015 à l’île de la Réunion. Pour Madagascar « rien ne sert de partir à point, il faut courir », au risque de jouer et de perdre de nouveau à la prochaine édition…
Michel R.
Photo Mamy R.
